Vous connaissez la marque Solo trip ?
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Qui se cache derrière votre activité ?
Edwige, une jeune femme franco-camerounaise qui a posé ses valises en Afrique de l’ouest depuis deux ans.
Quelle est votre démarche ?
Les tissus des vêtements Solo Trip sont tissés en pur coton à la main par des tisserands en Afrique de l’ouest, à l’aide d’un métier à tisser. Puisqu’il s’agit d’un ancien métier qui a survécu à des siècles de développement dans les cultures, le tissage est un processus extrêmement complexe, qui nécessite de la planification, du temps et du savoir-faire, qui se transmet souvent de génération en génération.
C’est un art qui me passionne et je pense avec conviction, qu’il faille le perpétuer, plutôt que de se limiter à consommer des tissus industriels imprimés, qui sont pour beaucoup, produits à l’extérieur, sans nécessairement contribuer au développement économique local ni valoriser les métiers artisanaux.
Au-delà du tissage, la couleur des vêtements tissés Solo Trip est issue de bains de teintures naturelles, exécutées manuellement, à l’aide de végétaux locaux. Ce sont des procédés assez longs, qui demandent de la technique, de la patience et de la minutie, afin d’obtenir des tissus en coton riches en couleurs, où celles-ci vont durer dans le temps. Les colorants naturels existent depuis le début de l’Histoire. Cependant, des alternatives synthétiques les ont supplantées récemment, en raison de leur polyvalence et de leur accessibilité via la technologie moderne.
Fervente des savoir-faire du plus ancien continent, j’aime mettre un point d’honneur à les promouvoir et y ajouter ma touche personnelle. C’est la raison pour laquelle je souhaite aujourd’hui proposer des vêtements uniques et de qualité, réalisés à la main de A à Z, à l’aide de ressources locales.
Pourriez-vous nous décrire votre entreprise ?
✄ Tissu tissé : Solo Trip propose des vêtements tissés par des tisserands béninois, à l’aide de métiers à tisser. C’est un travail manuel qui requiert du temps, produisant de solides et qualitatifs tissus, prêts à être teints puis cousus.
🌱 Vegan : la matière première utilisée par Solo Trip est le coton, matière végétale, qui est ensuite filé, tissé puis cousu afin d’obtenir les vêtements que vous voyez en photo. A aucun moment Solo Trip ne fait intervenir des animaux lors de la production.
🌼 Teintures végétales faites main : chaque vêtement est teinté à l’aide de végétaux, de façon artisanale, ici au Bénin. Il est parfois difficile de reproduire exactement les mêmes nuances de couleur d’un produit à un autre. Ces nuances restent représentatives des couleurs affichées sur les photos des produits.
Qu’est-ce qui est important pour vous ?
Valoriser et perpétuer les savoir-faire du continent, montrer qu’il est possible de consommer entièrement local tout en étant tendance.
Comment vous élaborez votre commerce équitable ?
Je travaille avec 3 corps de métier que je rémunère à leur juste valeur :
– Tisserand : première étape du processus, créer le tissu. A l’aide d’un métier à tisser, le tisserand confectionne plusieurs mètres de tissu, d’une moyenne de 42cm de large, avec des fils de coton béninois.
– Teinturier : une fois le tissu confectionné, le maître teinturier réalise des teintures végétales, donc 100% naturelles/sans aucun colorant chimique.
– Couturier : enfin, la couture des modèles imaginés par mes soins, prend forme
Cela contribue au développement économique local en perpétuant notamment des savoir-faire de plus en plus délaissés par les populations locales (confection de tissus tissés en coton et réalisation de teintures végétales), au profit de tissus industriels en matières synthétiques, provenant très souvent d’Asie.
Quelle a été l’évolution de votre projet ?
J’ai pendant un an, réfléchi et commencé à concevoir mon concept, pour arriver à lancer officiellement la marque en septembre 2022 ; la partie Recherche et Développement est non-négligeable, surtout pour les teintures végétales.
Mon principal défi avec Solo Trip est la production : j’apprends petit à petit comment m’organiser et plannifier mes tâches, car le processus de production n’est pas des plus simples. Il faut prendre en compte la météo pour le tissage (les jours de pluie il est difficile pour les tisserands de tisser), les aléas des teintures naturelles (une couleur ne ressort pas tout à fait comme je l’aurais souhaité parce que par exemple ce n’est pas exactement la même qualité de noix de kola qui a été utilisée car l’autre n’était plus disponible etc…), ou encore les imprévus qui s’imposent à l’atelier de couture.
J’espère standardiser ces processus au fur et à mesure, ce qui demeure un challenge dans ce contexte qui est pour l’instant, assez artisanal et informel.
Comment procurez-vous vos matières premières ?
Nous les créons à partir de fils de coton local. Pour les teintures naturelles, les ingrédients sont, pour la plupart, achetés au marché.
Que pensez-vous de Djoloo ?
Je pense que nous partageons les mêmes valeurs, dont la volonté de proposer des produits « authentiquement africains ».

